Depuis le 1er janvier 2026, le contrôle technique d'une voiture vérifie si elle est concernée par une campagne de rappel jugée grave par son constructeur, l'exemple cité par l'administration étant celui des airbags Takata. Si la voiture est classée « stop drive » et n'a pas été réparée, le centre relève une défaillance critique et elle ne peut plus circuler dès le lendemain. Ce seul changement modifie la liste des vérifications : le procès-verbal de contrôle technique dit désormais quelque chose de l'historique des rappels, en plus de l'état des freins ou des pneus.
La liste qui suit part de ce document et descend jusqu'à l'essai routier. Elle se lit dans l'ordre d'une visite, sans outil particulier, idéalement de jour et sur un sol sec.
Les papiers : 6 vérifications avant même de toucher la voiture
1. Le procès-verbal de contrôle technique. Pour une voiture de plus de 4 ans, il doit dater de moins de 6 mois et être remis avant la vente. Regarder le résultat (favorable A, défavorable pour défaillance majeure S, défavorable pour défaillance critique R), la date limite de validité et la liste des défaillances mineures.
2. Le kilométrage relevé au contrôle. Le procès-verbal mentionne le kilométrage constaté et, en cas de résultat défavorable, les kilométrages relevés lors des contrôles. Le comparer au compteur et à l'annonce : un chiffre qui baisse d'un document à l'autre est un signal d'alarme.
3. Le numéro de châssis. Le numéro gravé sur la carrosserie doit correspondre à celui du certificat d'immatriculation, et il ne doit pas avoir été limé. Le ministère de l'Économie en fait l'un des contrôles de base.
4. Les rappels constructeur. Le site public RappelConso publie des fiches de rappel par marque et par modèle. Elles visent souvent une plage de numéros de série précise et non tout un modèle : la fiche de rappel des Peugeot 3008 V3 et 5008 V3 pour une buse de refroidissement manquante liste par exemple des plages de numéros VIN. Demander au vendeur la preuve que les rappels applicables ont été traités.
5. Le carnet et les factures d'entretien. Ils renseignent sur les vidanges, la distribution, les freins. Aucune règle n'oblige un professionnel à les fournir, mais l'acheteur peut les réclamer, et leur absence totale pèse dans la négociation.
6. L'historique administratif. Le rapport HistoVec, que le propriétaire partage avec l'acheteur, indique la date de première mise en circulation et les changements de propriétaires. Le certificat de situation administrative, remis à la vente, atteste l'absence de gage et d'opposition.
L'extérieur : 6 points sur la carrosserie et les trains roulants
7. Les écarts entre panneaux. Les jours entre portières, capot, ailes et hayon doivent être réguliers des deux côtés. Un écart plus large d'un seul côté peut révéler une réparation après choc.
8. La teinte et l'aspect de la peinture. Observer la voiture en lumière rasante : une nuance différente sur un élément, des grains de poussière sous le vernis ou des traces de ponçage indiquent une remise en peinture. Ce n'est pas rédhibitoire, mais il faut en connaître la raison.
9. La corrosion. Bas de caisse, passages de roue, bas de portières, plancher du coffre sous le tapis : la rouille superficielle se traite, la corrosion perforante coûte cher.

10. Les vitrages et optiques. Un impact sur le pare-brise dans le champ de vision du conducteur, ou des optiques embuées ou dépareillées, sont à noter. Le contrôle technique vérifie la visibilité et l'éclairage, mais un défaut a pu apparaître depuis.
11. Les pneus. Profondeur des sculptures, flancs entaillés, dates de fabrication très différentes entre les quatre pneus. Une usure plus marquée sur un seul bord de la bande de roulement oriente vers un problème de géométrie ou de suspension.
12. Les disques de frein visibles à travers les jantes. Une collerette marquée sur le bord du disque signale une usure avancée ; des rayures profondes, un freinage abîmé.
Le compartiment moteur : 5 points capot ouvert
13. Le moteur à froid. Demander au vendeur de ne pas faire tourner la voiture avant la visite et poser la main sur le capot à l'arrivée. Un moteur déjà chaud peut masquer un démarrage difficile ou une fumée au lancement.
14. Les niveaux. Huile entre les repères sur la jauge, liquide de refroidissement dans la plage indiquée, liquide de frein à niveau. Une huile très noire et épaisse, ou une émulsion blanchâtre sous le bouchon de remplissage, demande des explications.
15. Les fuites. Traces d'huile sur le bloc, sous la voiture ou au sol après stationnement, suintements autour des durites : chaque fuite a une cause qu'il faut identifier avant l'achat.
16. Les courroies et durites visibles. Craquelures sur la courroie d'accessoires, durites gonflées ou poreuses. Pour la distribution, se fier aux factures plutôt qu'à l'œil, car elle est rarement visible.
17. Le démarrage et le ralenti. Au démarrage, observer l'échappement : une fumée persistante, bleue ou noire, n'est pas normale une fois le moteur lancé. Le ralenti doit être stable, sans claquement ni sifflement.
L'habitacle : 3 points assis au volant
18. Les voyants du tableau de bord. À la mise du contact, tous les voyants s'allument puis s'éteignent au démarrage. Un voyant qui ne s'allume jamais peut avoir été déconnecté ; un voyant qui reste allumé (moteur, airbag, ABS) signale un défaut actif.
19. Les équipements un par un. Ceintures de sécurité, pédales, chauffage, climatisation, essuie-glaces, clignotants, sièges, lève-vitres : la liste du ministère de l'Économie invite à tout tester, sans se contenter d'un coup d'œil.
20. L'usure cohérente avec le kilométrage. Volant lustré, pommeau de levier poli, pédales usées jusqu'au métal, siège conducteur affaissé : une usure forte sur une voiture annoncée peu kilométrée doit faire recouper les documents.
L'essai : 4 points en roulant
21. Plusieurs types de routes. Ville, voie rapide, chaussée dégradée : le ministère recommande de varier les parcours pour juger le moteur, la tenue de route, le freinage et l'embrayage. Un vendeur n'est pas obligé d'accepter un essai, mais un refus doit alerter.
22. L'embrayage et la boîte. Passages de rapports sans craquement, embrayage qui ne patine pas en accélération sur un rapport élevé, point de patinage pas trop haut. Sur une boîte automatique, les changements de rapports doivent rester doux, sans à-coup.
23. La direction et le freinage. En ligne droite et sur route plane, la voiture ne doit pas tirer d'un côté, ni au freinage ni en roulant. Des vibrations dans le volant au freinage orientent vers des disques voilés.
24. Les bruits après l'essai. Au retour, laisser tourner le moteur au ralenti, capot ouvert, et vérifier qu'aucune nouvelle fuite ni odeur de brûlé n'est apparue. Contrôler aussi que le ventilateur de refroidissement se déclenche.

Ce que les points à vérifier ne remplacent pas
Ces 24 contrôles filtrent les voitures, ils ne valent pas expertise. Le contrôle technique lui-même ne porte que sur certaines fonctions : identification, freinage, direction, visibilité, éclairage et équipements électriques, essieux, roues, pneus et suspension, châssis, ceintures et avertisseur, pollution et bruit. Il ne dit rien, par exemple, de l'état d'une boîte de vitesses ou d'un embrayage.
| Bloc | Ce que le contrôle technique couvre | Ce qu'il faut vérifier soi-même |
|---|---|---|
| Papiers | Identification, kilométrage relevé, rappels graves depuis 2026 | Factures d'entretien, rapport HistoVec, cohérence des kilométrages |
| Extérieur | Visibilité, éclairage, pneus, châssis | Peinture, écarts de panneaux, corrosion cosmétique |
| Mécanique | Freinage, direction, suspension, pollution | Embrayage, boîte, distribution, fuites, bruits |
| Habitacle | Ceintures, avertisseur | Climatisation, équipements de confort, usure |
Pour une voiture ancienne, chère ou achetée sans garantie, un passage chez un mécanicien indépendant avant la signature complète utilement la liste. La place de ces vérifications dans l'ensemble de la transaction (budget, paiement, documents) est expliquée dans notre méthode pour acheter une voiture d'occasion. Les incohérences de kilométrage et les faux papiers relèvent, eux, des arnaques les plus fréquentes.
Enfin, la liste gagne à être adaptée au modèle visé. Une motorisation connue pour un défaut précis, une série touchée par un rappel ou une boîte réputée fragile justifient d'insister sur un point plutôt qu'un autre. Notre fiche sur la façon de juger la fiabilité d'une marque d'occasion explique où trouver ces informations sans se fier aux palmarès.
Questions fréquentes
Quels points vérifier en priorité si le temps manque ?
Les papiers d'abord : un contrôle technique récent et lisible, un numéro de châssis conforme et un kilométrage cohérent entre compteur, procès-verbal et factures. Ensuite un démarrage à froid et un court essai. Une voiture qui échoue sur ces premiers points ne mérite pas une inspection plus longue.
Faut-il se méfier d'un contrôle technique avec des défaillances mineures ?
Pas forcément. Une défaillance mineure n'a, selon la classification officielle, aucune conséquence sur la sécurité ou l'environnement. Elle signale toutefois une pièce à surveiller ou à remplacer, ce qui se chiffre et se négocie.
Comment savoir si une voiture a été accidentée ?
Les indices se cumulent : écarts de panneaux irréguliers, différences de teinte, traces de ponçage, soudures dans le coffre ou sous les ailes. Le rapport HistoVec, partagé par le propriétaire, complète l'examen visuel. En cas de doute, un professionnel peut mesurer l'épaisseur de peinture.
Peut-on acheter une voiture qui a un rappel constructeur en attente ?
Oui, à condition de faire réaliser l'intervention : les fiches RappelConso indiquent la conduite à tenir, le plus souvent contacter le concessionnaire de la marque. Depuis 2026, une voiture classée « stop drive » non réparée reçoit une défaillance critique au contrôle technique et ne peut plus rouler. Mieux vaut exiger la preuve de la réparation avant la vente.
L'essai peut-il se faire sans le vendeur ?
C'est rare : le vendeur reste propriétaire de la voiture et préfère en général être à bord. L'essentiel est de prendre soi-même le volant et de choisir l'itinéraire, afin de ne pas rouler uniquement sur un parcours lisse imposé.
Sources et références
- Service-public.fr, Contrôle technique d'une voiture (catégorie M1) — www.service-public.gouv.fr
- Ministère de l'Économie, Véhicules d'occasion : cinq conseils pour acheter sereinement — www.economie.gouv.fr
- DGCCRF, Achat d'un véhicule d'occasion : quelles sont les obligations du vendeur ? — www.economie.gouv.fr
- RappelConso, fiche de rappel Peugeot 3008 V3 et 5008 V3 — rappel.conso.gouv.fr




